L’air, maillon faible des plans climat-air-nergie


Faute de comptences mobilisables et d’outils adapts, la qualit de l’air reste mal intgre dans les stratgies des collectivits, au sein des plans climat-air-nergie, selon une tude mene par Atmo France.

Ajout en 2016 aux composantes climat et nergie des plans territoriaux de lutte contre le changement climatique, l’lment air peine encore s’imposer rellement dans les stratgies des collectivits concernes: les tablissements publics de coopration intercommunale (EPCI) de plus de 20000habitants et la mtropole de Lyon. Tel est le constat d’Atmo France, la Fdration des associations agres de surveillance de la qualit de l’air, aprs avoir analys les plans climat-air-nergie (PCAET) de trente territoires de typologies trs diffrentes ainsi que leurs retours d’exprience.

Men en collaboration avec les associations agres de surveillance de la qualit de l’air (Aasqa), ce travail, baptis Plan’air, rvle une grande htrognit dans la prise en compte de cet enjeu par les lus et les parties prenantes, selon leur niveau d’acculturation sur le sujet, les partenaires sollicits, les outils utiliss et les caractristiques du territoire. Mais, globalement, la composante air est trs rarement identifie comme la source premire d’impulsion politique du PCAET, analyse Atmo France. Le manque de connaissances sur le sujet et les ides prconues associant ruralit et bonne qualit de l’air freinent, en outre, sa prise en compte dans certains plans.

Des enjeux mal cerns

Les enjeux gnraux relatifs la qualit de l’air, par secteur d’activit, sont assez bien dcrits dans les diagnostics, notent les auteurs de cette tude. Certains territoires proposent aussi des focus sectoriels ou des indicateurs d’missions rapports leurs particularits. Ils sont cependant peu nombreux prendre en considration d’autres polluants non rglements, comme les pesticides ou la pollution de l’air intrieur, pas plus que d’autres indicateurs, l’instar des pisodes de pollution, d’autres nuisances environnementales connexes (pollution sonore ou olfactive) ou encore le degr d’exposition des populations aux dpassements de seuils.

Les objectifs plus prcis de la baisse de ces missions, comme l’amlioration de la sant ou l’attractivit du territoire, sont vritablement analyss par seulement un peu plus d’un tiers de l’chantillon tudi. Plusieurs collectivits se sont nanmoins appuyes sur des dispositifs prexistants, comme le contrat local de sant, pour intgrer la dimension prventive leur stratgie, en particulier en termes de sensibilisation. Et finalement, les deux tiers d’entre elles, via les valeurs guides de l’OMS, visent des objectifs plus protecteurs que les normes en vigueur.

Des leviers mal identifis

Autre faiblesse des PCAET examins: des gisements locaux de rduction identifis en termes qualitatifs, mais peu valus sur le plan quantitatif. Seule la moiti des plans prsentent des objectifs chiffrs. La typologie des leviers actionner n’est jamais identifie , constatent les auteurs de l’tude.

Le calcul des gains du plan d’action est tout aussi insuffisant. La moiti des EPCI ont construit leur plan d’action en se basant sur des documents existants ou en cours d’laboration, tels que les plans de dplacements urbains, les plans locaux d’urbanisme, les schmas directeurs des nergies, les projets alimentaires territoriaux ou encore les programmes locaux de prvention des dchets mnagers et assimils , explique Atmo France. Cette approche limite, en outre, la possibilit de rvler et de rduire les antagonismes entre certaines actions comme la rnovation nergtique et les nuisances des chantiers ou le chauffage au bois et la qualit de l’air intrieur.

Enfin, rendue possible par l’loignement des populations exposes par des actions sur l’urbanisme, comme la mise en place d’crans ou de circulation de l’air par exemple, la rduction de l’exposition de la population est rarement identifie. Les dispositifs de suivi des progrs manquent galement. Rsultat: le niveau d’intgration de cette thmatique reste en de de celles de l’nergie ou du changement climatique. Celle-ci est mme souvent exclusivement perue comme un cobnfice des deux autres.

Une approche transversale et participative souhaitable

Manque de temps, de comptences, d’indicateurs d’impact, de donnes, d’outils prdfinis l’chelle nationale ou locale, de moyens financiers, de motivation des parties prenantes Les collectivits ont identifi de nombreux freins une meilleure intgration de l’air dans leur PCAET. Les auteurs de l’tude identifient toutefois plusieurs leviers d’amlioration. Pour ces derniers, la concertation et la mobilisation de l’ensemble des autres acteurs, dont les associations, permet par exemple de faire merger une culture commune et de faciliter l’appropriation du sujet. Qu’elles regroupent des consommateurs, des habitants des quartiers, des locataires, des usagers du vlo ou des membres des rseaux environnement-sant, les associations constituent par ailleurs un trs bon relai. Elles peuvent mme se voir confier l’organisation d’ateliers , prcise Atmo France.

Une approche transversale contribue aussi l’mergence de synergies et de dynamiques entre les directions et les services du territoire, de mme qu’une mobilisation interservices dans l’laboration et la conduite du projet. En phase d’criture du plan d’action, les retours d’exprience montrent galement l’efficacit et la richesse des mthodes participatives et de coconstruction, par le biais de fiches-actions citoyennes par exemple. Pour enrichir l’expertise des bureaux d’tudes, pas toujours au fait des questions relatives la qualit de l’air, les Aasqa pourraient, en outre, tre plus souvent sollicites, dans le cadre d’changes avec l’ensemble des acteurs, au-del de la fourniture de donnes.

Enfin, alors que les moyens de certains EPCI sont limits, pourquoi ne pas mutualiser ceux de plusieurs de ces tablissements, via leur ple d’quilibre territorial et rural (PETR), leur parc naturel rgional (PNR) ou leur schma de cohrence territoriale (Scot), suggre Atmo France. Dans son ensemble, la qualit de l’air s’amliore progressivement depuis vingt ans pour les polluants rglements. Mais en mtropole et en outre-mer, certaines zones dpassent toujours les valeurs limites rglementaires. Cette pollution est responsable de quelque 40000dcs, chaque anne, auxquels il faut ajouter des impacts sur les btiments et les vgtaux. Avec un cot de 100milliards d’euros par an.







Article publi le 07 juillet 2022



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