l’Ademe doute de l’efficacit des purateurs par photocatalyse


Un avis de l’Ademe explique qu’il n’est pas possible de garantir l’efficacit et l’innocuit des appareils d’puration de l’air par photocatalyse. Plutt que de recourir ces dispositifs, elle recommande d’arer les pices.

Dope par la crise sanitaire et l’attention porte la qualit de l’air intrieur (QAI), l’offre de dispositifs de traitement est devenue foisonnante, constate l’Agence de la transition cologique (Ademe). Cet intrt est l’occasion pour elle d’actualiser son avis sur l’puration de l’air intrieur par photocatalyse. En l’occurrence, ce jour, il n’est pas possible d’assurer l’efficacit et l’innocuit des appareils d’puration par photocatalyse dans toutes les conditions d’usages rels, constate l’Ademe. Et d’expliquer qu’il est prfrable de privilgier la rduction des sources de pollution et le renouvellement de l’air.

 

Photocatalyse : plusieurs dispositifs disponibles
Le principe de la photocatalyse a t dvelopp au Japon dans les annes 70. Il consiste dgrader des polluants gazeux, tels que les composs organiques volatiles, les oxydes d’azote ou l’ozone, l’aide d’un photocalyseur et de lumire.

On trouve dans le commerce des purateurs fixes ou mobiles (systmes actifs), ainsi que des matriaux passifs (peintures, tissus…), explique l’Ademe, prcisant que cette technologie reprsente 17% d’un march valu 87 millions d’euros (chiffres 2017).

 

Les conditions d’usage sont dterminantes

Pour valuer la performance des dispositifs d’puration de l’air intrieur par photocatalyse, l’Agence s’est appuye sur les rsultats rcents de la recherche, dont certains portent sur des essais simulant des conditions relles. Reprenant notamment l’Agence franaise de scurit sanitaire (Anses), l’Ademe explique que les donnes scientifiques collectes et analyses ne permettent pas de dmontrer l’efficacit et l’innocuit en conditions relles [des dispositifs]. Elle pointe notamment du doigt le fait que les bons rsultats obtenus pour des volumes limits (de l’ordre de 1m3) ne sont pas forcment confirms l’chelle d’une pice (environ 40m3). Plusieurs explications sont avances.

Tout d’abord, la concentration et la nature des polluants doivent tre prises en compte. En effet, partir de certaines concentrations, la surface du photocatalyseur est sature et la vitesse de dgradation n’volue plus. Plus gnralement, les performances dpendent des quantits de polluants fixes la surface du catalyseur. Or, dans beaucoup de cas, les polluants et micro-organismes prsents dans l’air d’une pice peuvent tre vacus par la ventilation ou l’aration avant d’avoir t en contact avec le catalyseur, ce qui rend le procd inoprant. Bien sr, il est possible d’amliorer les performances en couplant la photocatalyse avec d’autres technologies (comme un filtre charbon actif ou une lampe UV), mais c’est complexe et cela peut aboutir un procd sous optimal, explique l’Ademe.

Outre ces conditions technologiques, les paramtres ambiants sont aussi prendre en compte. Tout d’abord, les performances varient selon les polluants et selon qu’ils soient seuls ou en mlange. Ensuite, l’humidit rduit les quantits de polluants pouvant se fixer la surface du catalyseur. De mme, la quantit et la qualit de la lumire joue. Il faut parfois compenser le manque d’clairage naturel par des lampes UV pour avoir de bons rsultats. Quant aux variations de temprature, elles peuvent agir sur le vieillissement mcanique des matriaux (mme si ce paramtre joue peu en intrieur, compte tenu des variations limites).

Priorit la prvention

Finalement, l’Ademe revient une solution de bon sens: pour une gestion globale de l’amlioration de la qualit de l’air intrieur, [elle] tient avant tout rappeler que la priorit doit tre donne laprvention. Cette prvention passe d’abord par l’achat des matriaux et produits les moins missifs en composs organiques volatiles (COV) (tiquette A+ pour les produits de construction et de revtement, et produits bnficiant de l’colabel europen). Il faut ensuite bien arer (au moins 10minutes par jour) et ventiler les pices.

Quant aux technologies d’puration de l’air, elles [ne sont] envisager que dans le cadre d’actions ponctuelles et spcifiques, en complment, et non en substitution, de la rduction des sources de pollution et du renouvellement de l’air . Et pour ces usages, l’Ademe recommande l’achat d’appareils normaliss, la ralisation d’une tude technique pralable (pour les locaux collectifs), la vrification de l’efficacit du dispositif en configuration relle, ainsi que le respect scrupuleux des consignes d’entretien et de maintenance.




Article publi le 27 mai 2022



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