la captation des particules hors chappement l’tude


Dans une note d’expertise, l’Ademe montre que les particules mises lors du freinage ou par abrasion des pneus sur l’asphalte ne sont pas mises de la mme faon par les vhicules lectriques ou thermiques. Plusieurs technologies tentent d’y remdier.

Alors que les missions de particules l’chappement des transports routiers ont trs nettement baiss avec la gnralisation des filtres particules, celles hors chappement provenant de l’abrasion des freins, des pneumatiques et des chausses deviennent prpondrantes et reprsentent en France, en 2019, plus de la moiti des particules mises par les transports routiers, nonce l’Agence de la transition cologique (Ademe) dans une nouvelle note d’expertise. Cette tendance va s’accentuer et les missions globales de particules ne baisseront plus si aucune rglementation sur les missions de particules de frein ou de pneus n’est mise en place.

Finalement repousse jusqu’ cet t, l’adoption prochaine de la nouvelle rglementation europenne Euro 7 (pour la priode 2025-2026) porte l’espoir de contrler au moins une partie des missions de particules hors chappement (PHE) des vhicules lgers. Pour en valuer la pertinence, l’Ademe a dress un tat des connaissances, partir de donnes bibliographiques et de rsultats de projets de recherche qu’elle a financs. Ce faisant, elle constate que la conversion de l’ensemble des vhicules thermiques au 100% lectrique ne permettra pas de rduire ce type d’missions.

L’impact des sources de PHE varie selon le vhicule

   

Taux d’missions de particules fines en fonction des sources et du type de vhicule
© Ademe

 

   

Les PHE se rencontrent, en majorit, dans trois cas: le freinage, le contact des pneumatiques avec la chausse et lors de la remise en suspension des poussires par la circulation sur l’asphalte. La part de l’une ou l’autre de ces causes dans les missions totales de PHE de type PM10 varie en fonction de la nature du vhicule. Les particules mises par les voitures lectriques proviennent dans seulement 3% des cas, des plaquettes de frein (contre 25% pour leurs quivalents thermiques), grce l’intgration d’un freinage rgnratif moins gourmand en nergie, et donc en chaleur. Cependant, 61% des PHE PM10 mises par un vhicule lectrique sont gnres par l’abrasion des pneus au contact de la chausse (47% ct thermique) et 36% surviennent lors de la remise en suspension des poussires sur la route (contre 28% avec un vhicule thermique).

Ces carts s’expliquent par la masse des vhicules lectriques, souvent suprieure leurs quivalents thermiques du fait de la lourdeur des batteries au lithium-ion qu’elles embarquent. Ce poids supplmentaire conduit l’largissement des pneus, augmentant de facto la quantit de PHE mises par leur abrasion. Le facteur contact pneu-chausse s’accentue galement en fonction de la texture du revtement routier et de son vieillissement. Ces microparticules, essentiellement de caoutchouc synthtique, constituent la deuxime source de plastique rejet dans les ocans aprs le lavage des textiles synthtiques. En outre, si moins de particules sont dposes sur la chausse, alors moins de particules seront remises en suspension lors du passage des vhicules, souligne l’Ademe. Toutes les mesures visant rduire les missions de particules la source contribueront rduire le nombre de particules remises en suspension.

Des solutions de pigeage en dveloppement

 

Les (PHE) reprsentent plus de la moiti des particules mises par les transports routiers
 

 

Forte de ce constat, l’Ademe recense plusieurs projets, aboutis ou en cours, mme d’attnuer certaines de ces missions. S’agissant des PHE issues du freinage, l’augmentation du diamtre des plaquettes de frein pourrait accrotre la dissipation de chaleur, et rduire leur usure polluante. Pour dissiper cette nergie autrement, elle voque l’existence de ralentisseurs pneumatiques, hydrauliques ou lectromagntiques, capables de rduire jusqu’ 90% la puissance du freinage mcanique. Par ailleurs, des entreprises comme Tallano Technologie ou Mann + Hummel dveloppent des prototypes de filtres monts sur l’trier de frein pour y capter directement les particules mises.

De la mme manire, l’agence cite le systme de captation imagine par la start-up The Tyre Collective, vou capter les particules gnres par le contact pneu-chausse. Cette solution technologique se prsente sous la forme d’un assemblage de plaques lectrostatiques se positionnant derrire les pneus. Elle permettrait de piger 60% des PEH ainsi mises. Concernant la poussire de la route remise en suspension, la socit Mann + Hummel dveloppe un dispositif d’aspiration, combinant une membrane et un systme de ventilation, placer sur le toit et au niveau du ventre du vhicule.

Enfin, au-del de ces promesses technologiques, l’Ademe recommande avant tout d’inclure le taux d’abrasion comme l’un des critres de durabilit figurant sur l’tiquette nergie des pneumatiques et d’accentuer les recherches sur l’effet de certaines textures alternatives (en opposition au bton bitumeux conventionnel) et du renouvellement du revtement routier. Et l’agence de conclure: Les synergies qui peuvent apparatre entre la rduction des missions de polluants et de CO2 des transports et celles des PHE, et la mise en place d’une rglementation sur les missions de PHE, devraient permettre de voir dans le futur les missions de particules hors chappement baisser.



Article publi le 22 avril 2022



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