la Criirad critique le silence d’EDF au sujet des problmes rencontrs en Chine


La Criirad voudrait connatre les implications des problmes rencontrs en Chine pour l’EPR franais en termes de sret, de cots et de dlai. L’association juge insatisfaisantes les rponses apportes par EDF.

La Commission de recherche et d’information indpendantes sur la radioactivit (Criirad) veut savoir si les dfauts constats sur l’EPR chinois de Taishan menacent () l’EPR de Flamanville. Que cachent les silences d’EDF?  interroge l’association, qui explique avoir envoy, fin fvrier, un courrier EDF afin d’tre informe des implications pour l’EPR franais en termes de sret, de cots et de dlai. La rponse d’EDF ouvre de nouvelles pistes d’investigation () et l’omission dlibre de questions sensibles est particulirement instructive, explique la Criirad, qui annonce [avoir] saisi la Commission d’accs aux documents administratifs (Cada) afin d’obtenir qu’EDF se conforme ses obligations de transparence en matire de risque nuclaire.

 

Que cachent les silences d’EDF ?
 

 

En novembre dernier, la Criirad avait dj alert sur le fait que les problmes rencontrs, au cours de l’t2021, par le premier EPR mis en service Taishan pourraient tre lis la conception du racteur. L’association expliquait que des vibrations seraient l’origine des ruptures de gaines constates en Chine et que ce problme pourrait concerner tous les racteurs EPR. En janvier, l’Autorit de sret nuclaire (ASN) confirmait que les dommages constats sur les combustibles avaient pour origine des turbulences dans le cur du racteur. Il y a manifestement un cart entre ce qui a t modlis et la ralit頻, expliquait alors Julien Collet, directeur gnral adjoint de l’Autorit.

Des silences loquents

Dans son courrier adress EDF, la Criirad interroge d’abord l’entreprise franaise sur la situation Taishan. Une srie de questions concerne la dtection des vibrations durant le fonctionnement du premier EPR chinois, la nature des dgradations subies par les crayons de combustible, la contamination de l’eau du circuit primaire et les rejets de gaz radioactifs l’atmosphre. Outre les questions relatives au racteur1, la Criirad s’interroge aussi sur la situation du second EPR chinois. Elle explique que  des informations non consolides suggrent que l’exploitant aurait t contraint de faire fonctionner le racteur 50% de puissance pour limiter les vibrations.

Sur ces points, la Criirad juge la plupart des rponses d’EDF lacunaires. Cette dernire indique notamment que les donnes sur les paramtres radiochimiques ne peuvent tre communiques car elles appartiennent l’oprateur de la centrale (l’entreprise chinoise TNPJVC, dtenue hauteur de 30% par EDF). De mme, concernant la nature exacte du problme, EDF s’efforce globalement d’chapper aux questions plutt que d’y rpondre. L’entreprise refuse, par exemple, de confirmer, ou non, qu’environ 70crayons fuient, rpartis dans une trentaine d’assemblages. Les silences d’EDF sur des points sensibles sont particulirement loquents, estime la Criirad.

Et des informations exploiter

Reste toutefois un certain nombre d’informations exploiter. Dans les grandes lignes, EDF confirme que les gaines de combustibles ont subi une usure mcanique provoque par la rupture de petits dispositifs de maintien des crayons combustibles. Ce phnomne est li des sollicitations hydrauliques particulires, explique l’entreprise.

Le problme a dj t rencontr sur des racteurs travers le monde dont certains du parc nuclaire franais, explique EDF, ajoutant que les solutions techniques sont d’ores et dj disponibles et prouves. Une rponse qui surprend la Criirad puisque, selon l’agence de presse Montel, EDF adressera l’ASN son rapport sur les solutions techniques mettre en uvre avec quatre mois de retard. Le document, attendu par l’ASN en fvrier, ne devrait tre remis que fin juin, selon une porte-parole de l’ASN interroge par Montel.

Comment fonctionnera l’EPR de Flamanville?

 

Quid du couvercle de l’EPR ?
En 2018, l’ASN a impos EDF de changer le couvercle de cuve de l’EPR avant dcembre 2024 (l’acier de celui-ci prsentant des dfauts de concentration en carbone). Or, en janvier dernier, EDF a annonc que l’EPR ne dmarrerait qu’au deuxime trimestre 2023. Il est raisonnable de penser que Flamanville 3 ne pourra pas fonctionner pendant un cycle complet (soit dix-huit mois) avant l’chance de dcembre 2024 fixe par l’ASN, estime la Criirad.

L’association a demand EDF si elle compte changer le couvercle avant le dmarrage du racteur ou si elle envisage de demander à l’ASN de reporter l’chance de fin dcembre 2024. Deux questions restes sans rponse.

 

Comment EDF entend-elle grer ces sollicitations hydrauliques Flamanville? La Criirad souhaiterait notamment savoir si l’entreprise compte faire fonctionner l’EPR puissance rduite (60%) pour limiter les vibrations, comme voqu par le Canard enchain en janvier dernier. EDF rpond qu’elle  considre que ce phnomne ne prsente pas de risque de remise en cause de la sret , ds lors qu’elle met en uvre une gestion des assemblages [de combustible]adapte. Mais elle n’indique pas quelle est cette gestion adapte.

Autre question concernant Flamanville: quelle utilisation compte faire EDF des assemblages de combustible livrs entre octobre2020 et l’t2021 afin de constituer le premier cur du racteur? Elle souhaite savoir si l’nergticien a bien command Framatome un nouveau combustible, avec des gaines en alliage modifi (pour mieux rsister la corrosion) et des grilles de maintien renforces (pour mieux supporter les vibrations). EDF indique que des tudes sont en cours qui pourraient  » terme » conduire des modifications dans le procd de fabrication ou les technologies utilises, sans prciser si le combustible livr sera utilis et dans quelle condition.





Article publi le 20 avril 2022



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