Confront l’artificialisation, le plateau de Saclay aspire des jardins urbains


partir d’enqutes de terrain ralises en 2020 et 2021, le projet TerriBio Saclay interroge le rapport la nature des usagers du plateau de Saclay, habitants, travailleurs et tudiants.

Entre projets d’amnagement du Grand-Paris et tradition agricole, le plateau de Saclay est emblmatique des tensions qui parcourent le territoire francilien. Dans ce contexte, l’étude TerriBio (Territoires d’interface et biodiversit urbaine en le-de-France) contribue confirmer l’importance des jardins domestiques dans le métabolisme agroalimentaire des zones urbaines et périurbaines.

 

Le plateau de Saclay, en plus de faire l’objet d’une importante opration d’amnagement, compte de nombreux espaces agricoles, naturels et forestiers prservs
 

 

Conduites par Romain Melot, directeur de recherche en sociologie à l’Inrae, et Emmanuelle Baudry, professeure l’universit Paris-Sud et spcialiste d’cologie urbaine, les recherches ont t́ menées entre 2020 et 2021 sur le plateau de Saclay, marqué par une forte dynamique d’artificialisation. Le plateau de Saclay est un territoire intressant s’il en est: en plus de faire l’objet d’une importante opration d’amnagement, il compte de nombreux espaces agricoles, naturels et forestiers prservs dans le cadre de la zone de prservation des espaces agricoles, naturels et forestiers (ZPNAF), et d’importantes zones pavillonnaires, parsemes d’espaces non btis et, donc, cultivables , souligne Romain Melot.

5000ingnieurs, 20agriculteurs

Pour Dorian Spaak, de Terre et cit, une association qui uvre notamment l’animation de la ZPNAF et qui a contribu aux enqutes de terrain, on se trouve sur un territoire qui regroupe une petite rgion agricole et naturelle qui, historiquement, alimentait Paris et, aujourd’hui, rassemble quelque 5000 ingnieurs sur le projet d’amnagement Paris-Saclay. En face, il ne reste qu’une vingtaine d’agriculteurs sur ces sols, parrmi les plus fertiles d’Europe . Ce territoire nourricier saisi par l’artificialisation conjugue des espaces ouverts, agricoles ou semi-naturels, et des espaces plus ou moins densément urbanisés.

Le projet TerriBio a ainsi tudí comment les tissus fonciers complexes, imbriquant espaces ouverts et espaces urbanisés, font l’objet d’une rgulation à diffrentes chelles. Il a galement produit une cartographie dtaille des espaces ouverts du territoire d’étude, notamment ceux de type jardins. Cette analyse de la gouvernance et de la structuration de l’espace du territoire s’est accompagne de recherches auprs des acteurs et usagers du territoire sur leur perception des amnits environnementales produites par les espaces ouverts, jardins et champs. Des enqutes se sont intresses aux trajectoires personnelles des utilisateurs du territoire, pour mieux cerner leurs motivations, leur rapport à la nature, ainsi que leur inscription dans les réseaux d’change informels à l’échelle du voisinage.

L’tude porte sur les jardins pavillonnaires et les champs, vus comme potentiels vecteurs de biodiversit et de reprsentation sociale, et objets d’une action publique locale. L’enqute a eu lieu l’chelle individuelle et territoriale. Les chercheurs se sont galement intresss la porte sociale des jardins. Alors que les espaces pavillonnaires sont souvent vus comme le domaine de l’entre-soi, plusieurs tudes sociologiques montrent le contraire. Le projet a galement examin la contribution des jardins la consommation des mnages et les consquences de l’interdiction de l’emploi de substances phytosanitaires par les non-professionnels. Au final, les chercheurs ont clarifi les services rendus par ces espaces ouverts et cultivs, apprcis des habitants priurbains. L’ide est de fournir aux dcideurs un complment d’information pour ajuster les projets d’amnagement.

Attachement une nature spontane

Cette étude a aussi permis d’analyser comment les traits de personnalit des Franais ont un impact sur leur rapport à la nature. Des citoyens ont dû choisir entre des paires de photos, l’une prsentant une nature spontane, l’autre une nature plus discipline. La prfrence pour un jardin une nature visuellement plus spontane a t́ identifie en croisant plusieurs critres tels que le besoin de structure, l’identit environnementale, la ruralit du lieu de vie durant l’enfance et l’ge. Ainsi, 83% des rpondants prfrent la photo avec un jardin public dans lequel la nature est plus spontane. Les personnes qui ont choisi une nature plus ordonne prsentent un besoin de structure plus lev.

TerriBio s’est intress aux potagers et aux pratiques d’autoproduction alimentaire. En Île-de-France, en 2019, 1303jardins collectifs ont t́ identifis, soit 703jardins familiaux et 338jardins partags, reprsentant 800hectares. Pour rappel, environ 3000hectares de marachage, horticulture et vergers sont recenss sur le primtre. Sur le territoire de Saclay, 4201potagers reprsentant 41hectares ont t́ recenss. En moyenne, 3,5% des maisons ont un carré potager (dans certaines communes, ce taux atteint 10%). En quinze ans, le nombre de potagers a augment. En revanche, leur surface diminue. La crise sanitaire de la Covid-19 et le confinement ont favorisé leur dveloppement.




Article publi le 13 avril 2022



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