une charte de bonnes pratiques d’approvisionnement pour une comptition  raisonnable 


Les signataires d’une nouvelle charte, acteurs de la filire du biomthane, se sont runis lors du salon Bio360 2022, Nantes, pour s’accorder sur les principes d’un march de l’approvisionnement  vertueux et raisonn .

Galvanise par l’explosion des prix du gaz naturel et par la fin annonce des imports de gaz russe, la filire du biomthane devient comptitive. Sept de ses reprsentants, acteurs du  ngoce de la biomasse et de l’approvisionnement des mthaniseurs, se sont engags respecter quelques rgles de fair-play dans cette comptition grandissante. Pour ce faire, ils ont sign une charte de bonnes pratiques, ce jeudi 31 mars, l’occasion du salon Bio360, Nantes.

 

L’objectif de cette charte est d’amliorer et de fiabiliser les pratiques sur les territoires
 

Cyril Flamin, membre du CSF-NSE et du Ceigar d’Engie

 

Coconstruite avec le groupe de travail biogaz du Comit stratgique de la filire Nouveaux systmes nergtiques (CSF-NSE), la charte se focalise sur quatre principes gnraux: fournir une expertise auprs des fournisseurs de matires et des mthaniseurs bnficiaires, notamment de caractrisation du march local; assurer une transparence sur les ressources, en particulier s’agissant de traabilit; inciter l’tablissement de circuits courts; et favoriser l’mergence de tarifs raisonnables de bout en bout.

L’objectif de cette charte est d’amliorer et de fiabiliser les pratiques sur les territoires, nonce Cyril Flamin, membre du CSF-NSE et du Centre d’expertise industrielle sur les gaz renouvelables (Ceigar) d’Engie. AgriCarbone, ngociant de biomasse non alimentaire, Enia, marketplace pour les fournisseurs de matires organiques, D-Carbone et Inex Circular, spcialiss dans le sourcing , le distributeur Margaron, la marketplace Organix de Suez Organique, ainsi que Valbenne, le simulateur de revenus de TotalEnergies destin aux fournisseurs de biomasse, se sont tous engags y adhrer.

Le prix de la comptition

Lors de son installation, une unit de mthanisation doit raliser un plan d’approvisionnement pour identifier les ressources dont elle aura besoin et les acteurs auxquels elle aura affaire. Avec la monte en puissance de la filire, certains territoires tendent se densifier, accentuant la concurrence. Dans certaines zones, nous risquons bientt d’avoir des « morts », des modles conomiques qui ne seront plus viables face cette pression, estime Louis Baillet, directeur stratgie et dveloppement de Suez Organique. Il faut viter les drames et encadrer la chane de valeur.

L’importance de fixer un tarif, qualifi de raisonnable, pour la matire fournie et pour son retour au sol grce au digestat gnr par mthanisation, est ainsi devenu capital. La matire fournie peut avoir une valeur, mais le prix dpend du besoin, remarque Louis Baillet. Surtout lorsque l’offre baisse du fait de la scheresse ou du gel, prcise Amaury de Souanc, P-DG d’AgriCarbone. Et les conflits internationaux actuels font changer du tout au tout la hauteur de ce prix, taye Bertrand Margaron, dirigeant de l’entreprise ponyme. Il devient, par exemple, difficile de vendre aux mthaniseurs des coproduits agroalimentaires destins d’abord l’levage, si l’on veut respecter l’ordre de priorit de la chane de valeur. Dans ce contexte, l’intrt de cette charte est de s’accorder sur une dfinition transparente des prix proposs sur le march頻, rsum Amaury de Souanc.

L’ambition de ces acteurs, qui portent pour la plupart des solutions numriques sur ce march grandissant, est de prconiser la massification : c’est–dire apporter un fournisseur, ou un producteur individuel, le tarif du collectif, avance Jacques-Arthur de Saint-Germain, prsident-fondateur de la plateforme Enia. Concrtement, cela consiste rduire les cots en proposant de gros volumes de matires.

Les adhrents de la nouvelle charte misent aussi sur les circuits courts, en dployant des outils d’identification et de traabilit des intrants, comme ceux d’Inex Circular. Pour s’approvisionner localement au meilleur prix, les mthaniseurs doivent tre capables d’analyser leur territoire, savoir quels partenaires potentiels s’adresser, connatre leurs concurrents, mais aussi d’identifier d’o viennent leurs intrants et o pandre leurs digestats.

Vers la construction d’un march trop massif?

Si les signataires de la charte tendent vers un dveloppement vertueux et raisonn de la filire pour lutter contre cette comptitivit accrue, l’absence d’agriculteurs et de producteurs leurs cts interroge. Ce modle de concurrence, aux prix massifis, pourrait-il handicaper les plus petites units et favoriser uniquement les plus grosses, parmi les quelque 1 300 sites de mthanisation en France?

Les choses n’chappent pas aux agriculteurs, assure Grgory Lannou, membre du groupe de travail biogaz du CSF-NSE et directeur de l’association Biogaz Valle. Arriver des capacits suprieures 25 gigawattheures (GWh), ou 300 normomtres cubes, n’est pas un sujet actuellement. L’tat n’a toujours pas lanc les appels d’offres prvus pour les sortir de terre. Et Amaury de Souanc de poursuivre la rflexion: Les petits mthaniseurs peuvent se concentrer sur un approvisionnement local, des prix beaucoup plus comptitifs du fait de la proximit des matires fournies. La logique locale est promouvoir, elle demeure la plus rentable.








Article publi le 01 avril 2022



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