des ngociations au ralenti sur la fixation d’un nouveau cadre mondial


La runion de Genve visant ngocier le nouveau cadre mondial pour la biodiversit en vue de son adoption lors de la COP 15, en Chine, n’a fait que de timides avances. Le financement et le partage des ressources gntiques soulvent des rticences.

Les tats parties la Convention sur la diversit biologique (CDB) parviendront-ils adopter un nouveau cadre mondial ambitieux pour la biodiversit? C’est tout l’enjeu de la quinzime Confrence des parties (COP15), qui joue l’Arlsienne depuis deux ans du fait de la crise sanitaire, mais qui, sauf nouveau report, devrait se tenir l’t prochain Kunming, en Chine. En vue de ce rendez-vous majeur, les reprsentants des parties contractantes se sont runis du 14 au 29mars, Genve, aprs un segment de haut niveau tenu distance, en octobre dernier. Les rsultats sont mitigs, malgr une pression importante.

Alors que les clignotants sont au rouge, comme l’a montr l’valuation mondiale de la biodiversit de l’Ipbes de mai2019, aucun des vingt objectifs fixs par la communaut internationale Aichi (Japon), en 2010, n’ont t pleinement atteints dix ans plus tard. Les ngociateurs se doivent donc d’adopter une nouvelle feuille de route qui permette des rsultats. Si des progrs ont t faits lors de cette premire runion physique depuis le dclenchement de la crise de la Covid-19, les ngociations avancent doucement et butent sur un certain nombre de points d’achoppement.

Projet de texte endoss par les gouvernements

Aprs quinze jours de ngociations, les gouvernements ont tabli une base solide pour un Cadre mondial de la biodiversit post-2020 ambitieux, assure le secrtariat de la Convention. Lorsque nous avons commenc la runion, le texte en discussion tait notre premire version propose. la suite de l’engagement et des discussions ici, Genve, ce texte est maintenant clairement celui des gouvernements mondiaux et nous sommes dans un processus dirig par les parties [ la Convention] , se flicite Francis Ogwal, coprsident du groupe de travail sur les ngociations du Cadre mondial pour la biodiversit.

En juillet2021, le secrtariat de la Convention avait dvoil quatre objectifs principaux et 21cibles associes. Des cibles dont la Fondation pour la recherche sur la biodiversit (FRB) a, en appui au gouvernement franais, analys la pertinence travers une expertise publie en mars2022. Ces cibles visent notamment garantir que les zones du monde entier font l’objet d’une planification spatiale, que les cosystmes dgrads sont en cours de restauration et que les zones d’importance particulire pour la biodiversit sont conserves grce des systmes connects d’aires protges tenant compte des droits des peuples autochtones et incluant l’objectif de 30% d’aires protges d’ici 2030, dit 30X30.

   

Tableau synthtique du futur projet de cadre post-2020
© FRB

 

   

Mais, au cours des ngociations, les reprsentants des tats ont ajout de nombreux autres lments et qualifications, qui ncessitent des ngociations supplmentaires , prcise Basile van Havre, l’autre coprsident du groupe de travail sur les ngociations du cadre mondial. Ces nouvelles ngociations se tiendront du 21 au 26juin, Nairobi (Kenya). Elles porteront de nouveau sur les objectifs du cadre mondial et, plus particulirement, sur la question prement dbattue du partage des ressources gntiques.

Financement et partage quitable des ressources en question

Afin d’viter que les nouveaux objectifs et cibles restent lettre morte ou partiellement appliques, les sessions de Genve devront porter une attention particulire aux lments qui conditionneront la mise en uvre effective du texte, aprs une longue priode de discussions centres sur ses objectifs et cibles , expliquait Juliette Landry, chercheuse l’Institut du dveloppement durable et des relations internationales (Iddri), dans une note publie quelques jours avant l’ouverture de la session de Genve. Ces lments, prcisait-elle, sont le renforcement de la responsabilit et du suivi des mesures de mise en uvre du cadre post-2020, l’alignement des flux financiers sur l’ambition affiche, et l’acclration de la participation des acteurs non tatiques et infranationaux.

Les rsultats de cette ngociation n’apparaissent, pour l’instant, pas la hauteur de tous ces enjeux. Ainsi, s’il se rjouit d’une forme de consensus en faveur d’un cadre ambitieux pour la nature, le WWF se dit en revanche proccup par les progrs limits raliss au cours de cette session tenue sur les rives du lac Lman. L’ONG pointe plusieurs domaines cls pour lesquels les ngociations patinent. C’est le cas du financement et du partage quitable des ressources gntiques. Sans un mcanisme de mise en uvre solide et un financement accru, le plan final de Nations unies ne sera pas en mesure de fournir une action ambitieuse sur le terrain , alerte l’ONG. C’est aussi le cas du manque de soutien politique: Les gouvernements doivent donner la priorit aux futures ngociations ou risquer un chec la COP15. 

Le WWF salue le soutien obtenu l’objectif emblmatique 30X30, mais il souligne aussi la ncessit d’accompagner les moteurs de la perte de biodiversit tels que l’agriculture, la pche, la foresterie et les infrastructures. Il ne sert rien de conserver 30% du monde si nous dtruisons le reste , pointe Guido Broekhoven, responsable de la recherche et du dveloppement des politiques au WWF International.

Le Fonds mondial pour la nature critique galement l’objectif visant n’enrayer la perte d’espces qu’ compter de 2030. Avec de plus en plus d’oiseaux, de poissons et d’amphibiens qui disparaissent chaque anne, il est inquitant que nous ne parlions pas d’un objectif visant stopper la perte d’espces avant 2030. Le monde ne peut pas simplement manquer son objectif de 2020, puis dire que nous pouvons attendre encore huit ans , s’indigne M. Broekhoven.









Article publi le 30 mars 2022



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