le Bureau d’enqute accidents livre ses premires conclusions


Le Bureau d’enqutes et d’analyses cr dans le cadre du Plan post-Lubrizol a publi son premier rapport d’activit. Il a ouvert 18 enqutes, publi 10 rapports et mis 24 recommandations, en particulier sur le traitement de surface.

Le Bureau d’enqute et d’analyses sur les risques accidentels (BEA-RI), cr en dcembre2020 aprs l’incendie de l’usine Lubrizol, a publi, le 16mars, son premier rapport d’activit. La cration de notre BEA visait renforcer le retour d’exprience dans le domaine de la scurit industrielle en crant une structure spcialise qui puisse, pour les accidents industriels les plus importants, mener de manire transparente et indpendante une enqute approfondie dans le but d’amliorer la scurit , explique son directeur, Jrme Goellner.

 

La cration de notre BEA visait renforcer le retour d’exprience en crant une structure spcialise qui puisse mener de manire transparente et indpendante une enqute approfondie dans le but d’amliorer la scurit
 

Jrme Goellner, directeur du BEA-RI

 

Cette entit, compose de quatre enquteurs techniques en plus de ce dernier, a lanc dix-huit enqutes, publi dix rapports et mis vingt-quatre recommandations entre la fin2020 et l’anne2021. Le principal risque rencontr travers les accidents tudis est de loin celui de l’incendie (57% des enqutes ouvertes), suivi par l’explosion (29%), puis par les fuites et rejets (14%). Ces accidents ont concern en premier lieu l’industrie manufacturire, suivie par le secteur de l’nergie. Les secteurs de l’agroalimentaire, de l’agriculture, des dchets et des centres de donnes ont connu chacun un cas.

Mesures techniques, mais aussi organisationnelles

Les rapports publis portent sur:
– l’incendie d’une usine de traitement de surface de la socit Protec Industrie, Bezons (Val-d’Oise),
– l’explosion de la chaudire de la sucrerie SRMG, Grand-Bourg (Guadeloupe),
– l’incendie du datacenter d’OVH, Strasbourg (Bas-Rhin),
– l’explosion d’un broyeur de dchets de la socit Soprema, Savigny-sur-Clairis (Yonne),
– l’incendie d’un atelier de traitement de surface exploit par la socit STI France, Escout (Pyrnes-Atlantiques),
– l’incendie d’un local de traitement de surface d’Airbus Helicopters, Marignane (Bouches-du-Rhne),
– une fuite de ptrole brut sur une canalisation de transport desservant la raffinerie Totalnergies, Donges (Loire-Atlantique),
– un rejet de gaz naturel l’atmosphre sur le stockage souterrain de gaz naturel Gomthane, Manosque (Alpes-de-Haute-Provence),
– l’incendie de l’exploitation agricole du Gaec du clos Saint-Lon comprenant un stockage d’ammonitrates, Petit-Mesnil (Aube),
– l’incendie d’une installation exprimentale de stockage d’lectricit par batteries de RTE, Perles-et-Castellet (Arige),
– et un rejet d’ammoniac sur une unit de fabrication de nitrate d’ammonium de l’usine Borealis, Grandpuits (Seine-et-Marne).

   

Localisation des dix sites ayant donn lieu un rapport en 2021
© BEA-RI

 

   

travers ces dix rapports, le BEA a mis une srie de recommandations de cinq natures diffrentes. Au titre des mesures techniques, il a rappel l’intrt des mesures de sparation physique, des murs coupe-feu, de la dtection incendie (dimensionnement, entretien, transmission de l’alerte), des rgles de dsenfumage (taux de dsenfumage, accessibilit des commandes, entretien et contrle des dispositifs), des moyens de confinement des eaux d’incendie. Il a galement formul des recommandations sur la fiabilisation des capteurs et l’affichage des alarmes, sur l’volution dans le temps des automatismes de scurit, ainsi que sur les risques lis l’obsolescence des quipements et des logiciels.

Le deuxime type de recommandations relvent des facteurs organisationnels et humains (FOH) qui se retrouvent l’origine de la majorit des accidents. Quelle que soit la nature de l’origine de l’accident, la recherche des causes profondes aboutit dans la majorit des cas (98,5%) des facteurs organisationnels ou humains , constatait le Bureau d’analyse des risques et pollutions industrielles (Barpi) dans l’inventaire des accidents technologiques 2017. Les recommandations du BEA portent ici sur la formation des oprateurs pour grer des situations atypiques, des phases sensibles, comme le dmarrage des installations, ou pour viter des pratiques risques; mais aussi sur l’organisation des secours: communication entre l’exploitant et les services de secours, procdure d’accueil sur site, organisation d’exercices; et sur le pilotage des installations: transmission des informations lors des changements d’quipe, gestion des produits non conformes.

Complter les analyses de risques

Les recommandations portent, en troisime lieu, sur des expertises techniques. Ainsi, le BEA a recommand de complter les analyses de risques, dans le cas de la socit Soprema: l’tude de dangers de son installation soumise autorisation ne prvoyait pas le scnario de l’accident qui s’est produit. Mais aussi dans le cas de l’installation de RTE, soumise simple dclaration. Des tudes ont galement t prconises en vue de faire voluer la conception des installations ou les mthodes d’exploitation. C’est le cas la suite de l’incendie de l’atelier de traitement de surface de la socit STI-France en vue de rduire le potentiel calorifique des quipements. Mais aussi pour Totalnergies, Donges, avec une prconisation d’tude sur les interventions en cas de fuites de faible ampleur sur une canalisation de matires dangereuses.

Le BEA a galement mis des recommandations sur un renforcement des contrles. Elles ont port cette anne sur l’tat des installations lectriques dans les activits de traitement de surface (Airbus Helicopters, Marignane, et STI-France, Escout), sur l’tat des canalisations de transport et le fonctionnement de la protection cathodique (Total, Donges), sur le contrle rgulier des mesures des chanes instrumentes de scurit (Gomthane, Manosque, et Borealis, Grandspuits), ainsi que sur le suivi des mises jour des logiciels des automates de scurit (Gomthane, Manosque).

Enfin, la dernire srie de recommandations relve du rglementaire. Le BEA a conseill au ministre de la Transition cologique de faire voluer la rglementation dans trois domaines: introduire dans les textes les bonnes pratiques appliquer en cas de stockage d’engrais au sein des installations agricoles; modifier les arrts ministriels de prescriptions applicables aux ateliers de charge d’accumulateurs lectriques relevant de la rubrique2925 de la nomenclature des ICPE qui se sont rvls inadapts ; faire voluer la rglementation applicable au traitement de surface en matire de dtection incendie, de dsenfumage et de contrle des installations lectriques. Reste voir si ces prconisations vont tre suivies d’effets.









Article publi le 25 mars 2022



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