des leviers pour améliorer l’adaptation des bâtiments et des quartiers


L’Alliance HQE-GBC identifie quinze leviers d’action qui permettent de renforcer la résilience et l’adaptation au changement climatique à l’échelle des bâtiments et des quartiers.

Alors que le Giec alerte, dans son nouveau rapport, sur l’urgence des métropoles à s’adapter au changement climatique, l’Alliance HQE-GBC livre ses recommandations pour mettre en œuvre une stratégie de résilience et d’adaptation des bâtiments et des quartiers. Le 1er mars, l’association, qui regroupe les acteurs du bâtiment et de l’aménagement, a présenté son cadre de définition, qui propose cinq domaines et quinze leviers d’action pour un cadre bâti plus résilient.

Accompagner les acteurs dans la définition d’une stratégie d’adaptation

Six aléas climatiques sont pris en compte par l’Alliance : les vagues de chaleur, la sécheresse, les inondations, les submersions marines, les tempêtes et le risque incendie.

   

5 domaines et 15 leviers pour définir la résilience et l’adaptation au changement climatique du bâti
© Alliance HQE-GBC

 

   

« La première des réponses est de continuer l’effort pour réduire l’impact du secteur sur le réchauffement climatique. Si les sujets se traitent à l’échelle du bâtiment pour parler de résilience et d’adaptation, c’est davantage à l’échelle des quartiers qu’il va falloir travailler. À ce titre, la loi Climat et résilience intègre la lutte contre l’artificialisation des sols et, pour la rendre opérationnelle, il faut maintenant des outils », déclare Marjolaine Meynier-Millefert, présidente de l’Alliance HQE-GBC. « Et le cadre de définition que propose l’Alliance HQE-GBC en est un. Il propose un langage commun, qui vise à encourager les acteurs de l’aménagement à anticiper et à agir collectivement surtout », ajoute-t-elle.

Collectivités, aménageurs, promoteurs… Élaborer une stratégie de résilience et d’adaptation pour le bâti doit permettre d’assurer la sécurité, la santé et le bien-être des populations, la continuité des services en cas de choc climatique, et limiter les coûts liés à la dégradation du cadre bâti (coûts assurantiels et de réparation, valeur immobilière, etc.), explique l’Alliance. Dans un document publié fin 2021, elle détaille ses leviers d’action qui s’appliquent à différentes échelles : du bâtiment à l’aménagement en passant par les infrastructures, et pour toutes typologies d’opérations : neuves, réhabilitées ou en phase d’exploitation.

Préserver le confort des habitants tout en les sensibilisant à ces risques

 

Si les sujets se traitent à l’échelle du bâtiment pour parler de résilience et d’adaptation, c’est davantage à l’échelle des quartiers qu’il va falloir travailler.
 

Marjolaine Meynier-Millefert, présidente de l’Alliance HQE-GBC

 

L’Alliance HQE-GBC a ainsi ciblé cinq grands enjeux, regroupant chacun trois leviers. Cela passe par les comportements des habitants face aux aléas climatiques, à la fois pour la prévention et pour la gestion de crise. Par exemple, des comportements « adéquats » peuvent réduire l’exposition humaine et la vulnérabilité des bâtiments, comme « protéger les fenêtres et les portes, rentrer le mobilier et les projectiles potentiels à l’approche de vents violents qui limitent les risques de bris de glace et de dommages matériels », illustre l’Alliance. Former les personnes sur le sujet de la résilience face aux aléas climatiques « est certainement un des premiers leviers à mettre en place », estime-t-elle. Cette sensibilisation « peut prendre diverses formes en fonction des sujets abordés ou des populations ciblées, allant d’un simple élément de communication à des ateliers d’intelligence collective ».

L’adaptation des bâtiments est aussi « primordiale pour préserver le confort des occupants », ajoute l’Alliance. Elle rappelle que la nouvelle réglementation environnementale (RE 2020) des constructions neuves prend désormais en compte le confort d’été. À l’échelle des ouvrages, il existe également plusieurs solutions qui évitent le recours « massif » à la climatisation, comme systématiser les dispositifs occultants, le rafraîchissement passif, l’inertie thermique des matériaux, la végétalisation de la parcelle, etc., énumère l’Alliance.

Assurer la robustesse des réseaux et des approvisionnements

Pour assurer la continuité des services, l’Alliance HQE-GBC souligne aussi les enjeux liés à la robustesse des réseaux et aux approvisionnements en énergie, en eau, en ressources alimentaires, en informations ou à l’élimination des déchets. Il s’agit, par exemple, de protéger les réseaux « en enterrant les câbles électriques dans les zones soumises à des vagues de froids ou à des vents violents ». Elle propose en outre de « programmer des espaces d’agriculture urbaine et des lieux de réserve communs (production et stockage) » ou de fournir de l’énergie pour les besoins critiques du bâtiment en cas de défaillance des réseaux énergétiques (ventilation naturelle, chauffage passif, éclairage autonome des parties communes…).

L’Alliance prend également en compte les conditions géographiques des sites et des terrains qui sont les supports des bâtiments. L’intérêt est de dresser un état des lieux régionalisé des vulnérabilités, actuelles et à venir, concernant le climat qui « permettra de mettre en lumière les risques et leur degré d’intensité ».

Tous ces exemples d’actions doivent aider à définir une stratégie d’adaptation, en évaluant l’exposition et la vulnérabilité des biens et des territoires, en intégrant des dispositifs visant à les rendre plus résilients, et en s’appuyant notamment sur les solutions fondées sur la nature.








Article publié le 04 mars 2022



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