le contrôle des denrées alimentaires sera lancé avant la fin de l’année


La contamination des aliments produits sur le pourtour du golfe de Fos-sur-Mer pose question. L’Anses a élaboré un protocole d’échantillonnage, point de départ pour le lancement d’un plan de contrôle normalement prévu d’ici à la fin de l’année.

Est-ce que les aliments produits sur le pourtour du golfe de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) sont plus pollués que sur le reste du territoire, du fait de l’environnement industriel ? C’est pour répondre à cette question que l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a élaboré un protocole d’échantillonnage, présenté aux élus, acteurs économiques et associatifs du territoire, le 9 novembre dernier.

L’interrogation est légitime. La zone constitue, avec ses 10 000 hectares, l’un des complexes industriels portuaires les plus importants d’Europe. Elle accueille des entreprises du secteur de la chimie-pétrochimie, du raffinage, de la sidérurgie, de la cimenterie, du traitement des eaux, des déchets et du minerai, du stockage de produits pétroliers, des peintures et vernis, de la maintenance industrielle, mais également des centrales thermiques. « En 2008, plus de 430 installations classées pour la protection de l’environnement étaient répertoriées autour du golfe de Fos et de l’étang de Berre, dont plus de 250 étaient soumises à autorisation », souligne l’Anses.

Une première étude conduite par une association

La question de l’impact de ces industries a été posée par l’Association de défense et protection du littoral du golfe de Fos (ADPLGF). Elle a diligenté, entre 2009 et 2015, une étude pour rechercher des métaux lourds, HAP, de la dioxine et des PCB dans des denrées alimentaires produites sur le territoire. « L’étude, dans son ensemble, tend à montrer qu’à proximité des zones industrielles, dans un périmètre assez large, des traces de polluants sont détectées dans la nourriture que nous consommons, pointe l’association dans son rapport final. Ceci est engendré par les effets des vents dominants qui dispersent la pollution industrielle largement au-delà de la zone concernée et impacte directement les produits de l’agriculture et de l’élevage. »

Ce rapport a ensuite été présenté à l’Agence régionale de santé (ARS) Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA) en 2017. En 2018, l’Anses a alors été saisie par la direction générale de l’Alimentation (DGAL), celle de la Santé (DGS) ainsi que celle de la Prévention des risques (DGPR) pour élaborer un protocole d’échantillonnage. Ce dernier devrait permettre une analyse plus fine et approfondie que les plans de surveillance des aliments menées chaque année sur le plan national. Ces derniers n’ont jusqu’à présent pas permis de détecter de non-conformité réglementaire à l’échelle des 33 communes concernées.

« Les données sur la qualité des sols à l’échelle de la zone d’intérêt sont extrêmement lacunaires, a,par ailleurs, indiqué l’Anses. Les efforts ont porté sur quelques communes seulement, parmi lesquelles les plus industrialisées. Par ailleurs, le plus souvent, les analyses n’ont pas été réalisées sur des sols à usage agricole. »

L’idée, avec le plan de contrôle établi sur la base du protocole de l’Anses, sera de rechercher les anomalies de contamination.

Quatre familles de substances suivies sur quatre zones

Dans son avis, l’Anses propose le suivi sur l’ensemble du territoire de quatre familles de substances identifiées comme indicatrices pour détecter d’éventuels dépassements des teneurs maximales (TM) règlementaires : des contaminants inorganiques ou des éléments traces métalliques et les minéraux (22 ETM), des polychlorodibenzo-p-dioxines et polychlorodibenzofuranes (17 PCDD/F), des polychlorobiphényles (12 PCB-DL et 6 PCB-NDL), des hydrocarbures aromatiques polycycliques (17 HAP).

L’agence a également identifié les surfaces potentiellement plus exposées aux rejets industriels. Elle a découpé le territoire en quatre zones : la première regroupe les communes les plus industrialisées et à l’activité agricole marginale. Sont également incluses dans cette liste l’étang de Berre et le golfe de Fos, du fait de leur proximité avec les industries et de rejets aqueux directs. Elle inclut également la commune d’Istres, en raison de zones « anomaliques », pour certains contaminants, signalées par le BRGM. Dans la deuxième zone figurent les communes du littoral, exposées aux vents dominants du Nord/Nord-Ouest, à proximité des précédentes. Le troisième territoire rassemble les communes sous l’influence de vents minoritaires venant du Sud/Sud-Est. Il concentre la majorité des terres agricoles. Enfin, la dernière zone est composée des communes périphériques.

L’Anses a ensuite établi un protocole d’échantillonnage spécifique à chacune des quatre zones ainsi que la liste des denrées alimentaires les plus pertinentes à prélever dans ces dernières.

« Un premier plan exploratoire sera conduit sur une durée d’un an », a indiqué la préfecture des Bouches-du-Rhône. « Une dotation budgétaire spécifique a été déléguée pour permettre le lancement de ce plan exploratoire dès la fin de l’année 2021 », ajoute-elle. Un laboratoire national de référence devrait être donc nommé d’ici peu dans cette optique. L’Anses examinera ensuite les résultats de cette campagne d’échantillonnage.












Article publié le 26 novembre 2021



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