l’Ademe estime le gisement 4,3 milliards d’euros


L’Ademe a valu le gisement des invendus non alimentaires, ainsi que les voies d’coulement. 4,3 milliards d’euros de produits ne trouvent pas preneurs, notamment cause des effets de mode. Un tiers de ces produits finissent encore au recyclage.

L’Agence de la transition cologique (Ademe) vient de prsenter une tude sur les gisements et causes des invendus non alimentaires et leurs voies d’coulement. L’tude pointe du doigt le renouvellement rapide des gammes de produits et les fins de srie comme premire cause d’invendus. Si une part importante de ces 4,3milliards d’euros d’invendus est coule par le biais des dstockeurs, l’tude signale cependant qu’un tiers reste dtruit et recycl. Le don, troisime voie d’coulement,doit tre privilgi, dfend l’Ademe.

Pour rappel, l’article35 de la loi antigaspillage pour une conomie circulaire (Agec) prvoit, qu’ partir de janvier prochain, les producteurs, importateurs et distributeurs de produits non alimentaires neufs sont tenus de remployer (notamment par le biais du don des associations de lutte contre la prcarit et des structures de l’conomie sociale et solidaire (ESS) agres), de rutiliser ou de recycler leurs invendus. Cette obligation concerne les produits inclus dans une filire de responsabilit largie du producteur (REP), partir de janvier 2022, et l’ensemble des produits, au plus tard la fin de 2023. En outre, l’obligation de remploi s’impose tout particulirement certains produits d’hygine et de puriculture lists dans un dcret paru en dcembre2020.

1,6milliard d’euros de vtements et chaussures invendus

Concrtement, l’Ademe a interrog 70acteurs et 500tablissements reprsentant douze secteurs, chacunfaisant l’objet d’une fiche. Cette tude, qui porte sur les chiffres2019, est la plus complte date, mme si les donnes utilises sont parfois lacunaires car certains acteurs n’ont pas rpondu aux sollicitations ou n’ont pas souhait transmettre de donnes chiffres, explique l’Ademe. De grands acteurs de la vente en ligne [et] certains acteurs dstockeurs figurent parmi ceux rests silencieux.

Afin d’estimer le gisement d’invendus, l’tude s’est base surleur valeur, plutt que sur le poids ou le nombre d’units, les acteurs ne communiquant pas sur les volumes. Globalement, les invendus reprsentent, en moyenne, l’quivalent de 3% du chiffre d’affaires des entreprises tudies, soit 4,2milliards d’euros. Une premire tude, ralise en 2014, estimait ce montant 6milliards, soit 4,2% de la valeur des biens non alimentaires consomms, rappelle l’Ademe, prcisant que la comparaison entre les deux tudes est dlicate (la mthodologie et le primtre ayant changs).

 

Certains acteurs n’ont pas rpondu aux sollicitations ou n’ont pas souhait transmettre de donnes chiffres, [notamment] les grands acteurs de la vente en ligne [et] certains dstockeurs
 

 

Bien sr, la proportion d’invendus varie selon les secteurs : 8,9% pour les produits culturels, 4,1% pour les vtements et chaussures, 2,9% pour les jouets et 1% pour les produits d’entretien (secteur affichant la plus petite part). Exprims en valeur absolue, cette estimation reflte une autre ralit: le tiers du montant provient du secteur des vtements et chaussures, avec 1,6milliard d’euros. L’cart avec le secteur des produits culturels, second en termes de valeur d’invendus, est consquent, puisque ce secteur gnre 0,9milliard d’euros, prcise l’agence.

Que deviennent ces invendus? Le premier dbouch est le dstockage, qui permet d’couler 42% des invendus (en termes de valeur marchande). La deuxime solution retenue par les distributeurs est le recyclage (27%). Le don suit avec 21%, puis la destruction (7%) et la rparation (3%). noter que l’Ademe prcise qu’il n’a pas t possible d’estimer la part des produits envoys en dstockage, en don ou mme en recyclage puis finalement dtruits.

Des effets de mode marqus

L’tude se penche sur l’origine de ces invendus, c’est–dire sur les raisons qui expliquent que certains produits ne sont pas vendus. La premire cause est l’obsolescence marketing (changement de gamme) ou les fins de srie. Un tiers des invendus sont lis ces effets de mode. Le secteur de l’habillement est concern, mais aussi celui des jouets ou celui des cosmtiques. Les autres causes identifies sont de la surproduction, l’absence de dbouchs commerciaux ou encore des produits lgrement dfectueux. Une dernire source, plus rcente, est le dveloppement de la politique commerciale du satisfait ou rembours頻 qui accompagne la vente en ligne de certains produits.

L’Ademe a aussi ralis cinq scnarios prospectifs cinq ans afin d’valuer les meilleures solutions pour rduire la part des invendus envoys en filire de gestion des dchets (cet objectif tant au cœur du dispositif lgislatif adopt avec la loi Agec). Le scnario le plus favorable implique d’abord une combinaison d’actions fortes de prvention, c’est–dire une rvision des stratgies de production et de commercialisation. La proportion d’invendus passe ainsi de 3 2% en cinq ans. Pour y parvenir, l’Ademe recommande en priorit aux entreprises de revoir les aspects qui [aboutissent] intrinsquement des invendus . Elle pense en particulier auxchangements trop frquents de gamme, aux effets de mode, l’obsolescence marketing et la surproduction.

Ensuite, ce scnario implique une progression du don, qui atteint 31%, et devance ainsi le recyclage (23%). Pour y parvenir, il convient de mettre profit les retours positifs tirs des dons de produits alimentaires. Cet aspect concerne notamment l’organisation des acteurs du don qui doivent renforcer leur capacit de tri, de stockage et de suivi. Cet enjeu logistique est d’autant plus important que la mise en œuvre de la loi Agec devrait aboutir une plus grande htrognit des dons et de leur qualit ainsi qu’ une augmentation du nombre des donneurs. La prennisation des dispositifs de dfiscalisation est aussi juge ncessaire pour maintenir la dynamique.





Article publi le 26 novembre 2021



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